ÉDITION 2025

L’édition 2025 a fait l’objet de trois appels à manifester successifs, pour la même marche à Paris le 18 octobre 2025, tous issus d’assos co-organisatrices de l’ExisTransInter. Le premier est paru le 18 septembre 2025, le deuxième le 4 octobre 2025, le troisième le 12 octobre 2025. Nous reproduisons les trois intégralement sur cette page.

#EXISTRANSINTER2025 APPEL UNITAIRE POUR LES DROITS TRANS ET INTERSEXES

Face à ceux qui veulent notre mort, résistance des trans et intersexes du monde entier !

L’interorga de l’ExisTransInter réunit une trentaine d’associations, collectifs, syndicats et partis.

Le 18 octobre aura lieu l’ExisTransInter à Paris, la marche des personnes trans et intersexes et de celles et ceux qui les soutiennent. Alors que l’offensive antitrans entamée au Sénat se poursuit, la résistance s’organise. Le collectif unitaire de l’ExisTransInter appelle à marcher : Face à ceux qui veulent notre mort, résistance des trans et intersexes du monde entier !

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié ses recommandations concernant les transitions le 18 juillet dernier. Celles-ci reconnaissent l’expertise et les pratiques d’autodétermination et de dépsychiatrisation qui étaient jusque-là pratiquées par les associations. Il faut maintenant que ces recommandations soient mises en pratique ! Mais, sous la pression des groupes antitrans, la HAS reporte à une date ultérieure les recommandations pour les mineurs.

C’est particulièrement inquiétant alors que la loi d’interdiction des transitions de mineurs votée par le Sénat attend d’être étudiée à l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, transitionner rime avec difficultés d’accès au travail, au logement et aux soins. Pendant ce temps, les mineurs intersexes subissent mutilations et traitements contre leur gré et souvent n’ont pas accès à leur dossier médical. Toutes ces discriminations conduisent nos adelphes à la misère, à l’isolement, à la rue, aux suicides. La mise en danger des travailleuses du sexe continue d’allonger la liste des transféminicides : dix jours après notre dernière marche, Frida décédait d’une attaque subie au bois de Boulogne.

La situation actuelle n’est guère réjouissante. Le budget Bayrou supprime des milliards dans la Santé, mais double le budget militaire : casse sociale, casse de l’hôpital public, attaques contre l’ALD, contre l’Aide Médicale d’État (AME) alors qu’elles représentent un véritable besoin pour les trans et intersexes, travailleur·ses du sexe et immigré·es. En parallèle, la complexification de l’accès à l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et la loi sur la fin de vie nous montrent bien ce que cette société capitaliste réserve aux handicapés et à ceux qui ne rentrent pas dans son carcan.

Cette offensive réactionnaire ne se limite pas à la France. Après des décennies de pinkwashing et d’institutionnalisation des questions LGBTI, des gouvernements et des entreprises partout dans le monde tentent d’interdire les transitions des mineurs, pour ensuite interdire les transitions tout court. Et ce n’est pas que la droite : au Royaume-Uni, le gouvernement de gauche a maintenu l’interdiction des transitions des mineurs et a soutenu la Cour suprême qui a déclaré que les femmes trans ne sont pas des femmes.

Si les attaques antitrans et contre les travailleurs se multiplient, ce n’est pas un hasard ; la bourgeoisie se militarise. Pour conserver son rang sur la scène internationale, la France prépare la jeunesse au travail acharné et à la guerre et prépare les femmes à faire des enfants.

Elle a besoin de maintenir la division genrée et la suprématie blanche, alors elle multiplie les lois racistes, islamophobes et anti-immigrés. Le racisme et la transphobie sont deux vecteurs de radicalisation vers le nationalisme. Tout cela nous montre quelle est la source de nos maux et quels drapeaux nous devons brandir : celui de la résistance palestinienne, celui de la résistance kanak, qui sont les premiers à lutter contre l’impérialisme qui renforce notre oppression. Nous devons nous opposer par tout les moyens à l’envoi d’armes pour le génocide du peuple palestinien. Tant que les peuples opprimés ne seront pas libres, les trans et les intersexes ne pourront l’être !

Plus que jamais, alors que les mineurs vont être sujet de discussion à la HAS, alors que les réacs sont aux portes du pouvoir, le soutien aux trans et intersexes doit être une priorité du mouvement social.

La mobilisation rejointe par les syndicats au Royaume-Uni nous montre la voie : le rapport de force est la seule chose qui peut empêcher les antitrans. Construisons-le avec l’ensemble de notre classe en lutte, et sans oublier nos revendications, sans oublier aucune d’entre nous.

Le 18 octobre, mobilisons-nous pour :

  • Des transitions médicales et administratives libres, gratuites et dépsychiatrisées et déjudiciarisées
  • L’arrêt immédiat des mutilations et traitements forcés sur les personnes intersexes, des examens invasifs non consentis, des pratiques psychiatriques imposées
  • Des investissements massifs dans la Santé pour assurer l’accès effectif aux soins reproductifs et de transition pour tous
  • Le remboursement total des frais réels d’un parcours de transition, notamment par les congés de transitions, permettant une réelle inclusivité des personnes trans au travail
  • L’abrogation de toutes les lois anti-immigration et islamophobes, la protection de l’Aide Médicale d’Etat, la régularisation de tous les sans papiers
  • La dépénalisation du travail du sexe, la fin des politiques abolitionnistes et l’abrogation de la loi de 2016 visant à pénaliser les clients qui favorise les politiques répressives racistes de l’Etat.
  • Le soutien aux peuples opprimés par l’impérialisme, dans les colonies françaises et en Palestine

Organisations à l’origine du texte d’appel :

Fransgenre – Organisation de Solidarité Trans (OST) – Ouest Trans (Rennes) – Transat (Marseille/Avignon) – Collectif Trans’Gressif (Metz) – Du pain et des roses – Les Inverti-es – NPA L’Anticapitaliste – Révolution permanente – Solidaires Etudiant-e-s syndicats de luttes – Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo – UCL

Premiers signataires :

ARCAT – Arc essentiel – La Brèche/On ne veut plus – Briser la loi du silence – Collectif Insurrection Trans – Collectif Enfantiste – Coordination Etudiante – Corps Dissidents – Ensemble ! mouvement pour une Alternative de Gauche Écologiste et Solidaire – Fédération syndicale étudiante (FSE) – Féministes révolutionnaires Paris – Genres Pluriels (Belgique) – Génération Panasiatique – Label Gouine* – Mawjoudin – #NousToutes – NPA Jeunesses Anticapitalistes – Observatoire Féministe des Violences Médicales – Pari-T, association d’auto support pour les personnes Transgenres – Planning familial – Le Poing Levé – Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) – Toutes des femmes – Mouvement transféministe (Montréal, Québec) – Association TRANSpire – Zéro Millions – Act Up Sud Ouest – Arcu Corsica – Autodéfense féministe Paris – Bibliothèque Queer&Genres (Bordeaux) – Collectif féministe La Grenade (Metz) – Collectif Féroce (Bordeaux) – Collectif InTransigeance (Besançon) – Centre LGBTQIA+ Paris IDF – Collectif LGBTQIA+86 (Poitiers) – Détraqueers (Brest) – Fiertés Pas de Calais – J’en suis j’y reste, centre LGBTQIAF de Lille – Collectif Trans du Centre LGBTQI+ de Vendée – Fierce Faces – Nos Enfants Trans (Lyon) – Oestrosoupe (Toulouse) – Quazar Centre LGBTI+ d’Angers et du Maine et Loire – Queer Amann (St Nazaire) – Team Sama (Mont-de-Marsan) – Téméraires et fières (Cambrai) – Trans’Action (Nice) – Trans-Comté (Besançon)

« Sauvons l’ExisTransInter ! », communiqué commun d’un collectif d’associations trans et intersexes.

Ce texte est un communiqué commun publié et signé le 4 octobre 2025 par l’ensemble des associations suivantes : Acceptess-T, Clar-T, Collectif Insurrection Trans, Collectif Trans’Gressif, CIA-OII France, Espace Santé Trans, FLIRT, OUTrans, RITA, Toutes des Femmes, Trans Inter Action, Trans VNR 13, Transat.

Les vies des personnes trans et intersexes sont remises en cause partout dans le monde par la montée des attaques fascistes. En France, les discours réactionnaires saturent l’espace politique et médiatique, voulant détruire le peu de droits que nous avons acquis et nous interdire d’acquérir enfin ceux qui nous reviennent.

L’ExisTrans est le grand rendez-vous annuel pour faire valoir nos revendications et se rendre visibles. Samedi 18 octobre, les personnes trans et intersexes doivent se rassembler à Paris, à partir de 14h, place de la République, pour marcher et faire entendre leur voix. Nous, organisations trans et intersexes, revendiquons ensemble cette journée de mobilisation.

Mais, depuis quelques années, elle nous est confisquée par l’actuelle coordination Existrans, chargée de l’organisation, à une heure où plus que jamais l’unité et la coopération sont nécessaires. Nous ne nous y reconnaissons plus. Nous, organisations trans et intersexes, dénonçons le comportement de la coordination de l’Existrans.

Loin de chercher à construire un fond uni trans et intersexe, la coordination préfère écraser nos voix pour courir après une « convergence des luttes » en imposant la présence et la vision d’organisations LGBT+ généralistes, syndicales et politiques. Nous rappelons que la convergence des luttes nécessite d’abord des mouvements autonomes forts. Ce n’est pas en sacrifiant le principal cadre unitaire trans et intersexe que nous renforcerons la prise en compte de nos luttes et de nos droits.

Si nous rejetons la présence d’organisations non concernées dans le comité d’organisation de l’Existrans et celles d’organisations, collectifs, structures, partis ou syndicats, c’est aussi parce que leurs valeurs et revendications sont souvent en contradiction avec nos enjeux, telle la prise de position unitaire des directions syndicales en faveur d’une loi putophobe, témoignant de la méconnaissance et du danger que représentent ces organisations.

En novembre 2022, un vote interne avait réaffirmé la centralité de l’auto-organisation des luttes trans et intersexes et l’impossibilité pour des organisations non concernées de participer aux réunions internes. Mais par des stratégies diverses (multiplication des réunions, pratiques d’intimidation des présent·e·s, saturation du tour de parole, manipulation des canaux de communication…), quelques organisations trans ont imposé d’inclure les organisations politiques et syndicales dans les prises de parole à l’ExisTransInter de 2024.

Cette manœuvre a déclenché une levée de boucliers, avec notamment les organisations trans travaillant avec les TDS dénonçant la présence de syndicats putophobes et l’absence de travail avec le STRASS ; ceci étant aggravé par un appel à la manifestation inacceptable et qui a dû être réécrit à la dernière minute. Nous sonnons l’alarme en interne depuis quelques temps déjà. Après la marche de 2024, lors de laquelle l’organisation a fait la démonstration de son incompétence (sauvée in-extremis par l’intervention de Acceptess-T et OUTrans), il était convenu que la question de la présence des partis et syndicats dans l’ExisTransInter ainsi que son identité politique soient discutées entre organisations de personnes concernées. Le Collectif Intersexe Activiste (CIA), dûment mandaté, a contacté un maximum d’organisations trans et intersexes signataires de l’appel.

Or, lors de la réunion, la coordination actuelle de l’Existrans a réinvité les organisations non concernées, remettant même en cause les règles d’organisation historique de la marche. Devant ce refus de centrer l’auto-organisation des luttes et d’honorer l’identité de la marche, plusieurs organisations ont quitté la coordination. La dérive a continué jusqu’au texte d’appel : les revendications et leurs tournures ont démontré un virage de plus en plus hors sol où les luttes trans et intersexes sont réduites à la seule lutte contre la bourgeoisie. Les méthodes imposées à la marche parisienne se retrouvent dans les régions. Nos marches et nos actions sont détournées en instrumentalisant le terme d’autosupport.

Avec la défection des associations trans et intersexes, les réunions comptent désormais une majorité d’organisations LGBT+ généralistes ou politiques/syndicales. La coordination, refusant de prendre acte de la gravité de la situation, a même donné le droit de vote aux organisations LGBT+ généralistes. Malgré le départ du CIA, seule association de personnes intersexes, elle a continué éhontément à utiliser le nom ExisTransInter. Cela montre l’irrespect pour les luttes intersexes, révélant l’attitude dominante antidémocratique de l’organisation. Nous soulignons la gravité des attaques mensongères portées contre le Collectif Intersexe Activiste – OII France et dénonçons fermement ces manœuvres. Aucune des organisations restantes dans l’organisation de l’Existrans n’est légitime à se prétendre intersexe ou à prétendre mener une activité réelle sur les questions intersexes.

Dans ce contexte, nous demandons aux organisations LGBT+ généralistes de reprendre leur place et de ne pas participer à cette confiscation des luttes trans et intersexes. Nous demandons aux partis et syndicats de ne pas détourner la seule manifestation trans et intersexe parisienne pour leur seul intérêt partisan. Nous avons besoin de leur soutien dans nos luttes, pas qu’iels nous invisibilisent en utilisant nos luttes comme marche-pied.

Nous appelons à nous réapproprier l’ExisTransInter, dans la rue le 18 octobre, et en réunion pour faire cesser ces pratiques et redonner de la force aux mouvements trans et intersexes. Nous nous inscrivons dans le courant historique de l’ExisTransInter : une marche par et pour, fondée sur l’auto-organisation et l’autonomie.

Toustes à l’ExisTransInter le samedi 18 octobre à 14h, Place de la République à Paris.

ExisTransInter : ensemble vers le 18 octobre

Suite aux tensions intra-communautaires qui ont marqué ces dernières semaines au sujet de la manifestation du 18 octobre, nous avons le plaisir d’annoncer que le cadre de l’ExisTransInter retrouve une dynamique collective.

Les organisations trans et intersexes qui s’étaient volontairement éloignées ces derniers mois ont choisi de revenir. Le retour du CIA marque aussi la réaffirmation du nom “ExisTransInter”.

Le cadre se consolide autour du principe d’auto-organisation et d’autonomie des luttes. : Après un vote démocratique, les partis, syndicats, et organisations LGBTI+ ne participent donc plus aux réunions et aux prises de parole de la marche.

Il s’agit des conditions concrètes d’efficacité, de sécurité et de dignité. Quand les plus exposé·e·s définissent priorités, mots d’ordre et stratégies, nos revendications ne sont pas diluées, nos espaces (y compris nos temps de deuil comme le TDOR) sont protégés, et les ressources vont là où elles comptent : soins, droits, papiers, logement, sécurité, justice sociale. Les soutiens extérieurs sont bienvenus — appui logistique, financier et humain — sans diriger nos choix,de manière apartisane. Des allié·e·s qui soutiennent ; des concerné·e·s qui décident.

Nous nous réjouissons de cette issue constructive qui met fin à des conflits douloureux pour toustes et nous espérons que cela permettra une large mobilisation le 18 octobre à 14h, place de la République à Paris.

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